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Qualification biplace

23 Oct 2018 / 0 Comments / in Sans catégorie

Ça y est, j’ai validé la qualification biplace parapente ! La « Qbi » pour les intimes. Cela me permet maintenant d’emmener du monde en vol. Depuis que j’ai mis le pied dans la pratique, j’ai eu plusieurs objectifs : voler en haute montagne pour faire des enchaînements alpinisme + parapente et pouvoir emmener des gens avec moi pour partager les joies du vol libre.

Lors du premier vol ou j’ai pu emmener Estelle je ne sais pas qui a été le plus heureux, le pilote ou la passagère !

A force de monter sur des sommets avec un compagnon non-volant et de devoir en redescendre à pieds, je me suis mis un coup de pieds aux fesses cette année pour passer la qualification et 2 ans et demi après mon premier vol solo, j’ai maintenant la possibilité d’emmener des copains voler.

Attention : cet article sur ma formation biplace est basé sur des souvenirs, bon ok assez récents, mais dépend de mon expérience et de ma perception des évènements. Chacun ayant sa pratique, il n’est pas à prendre comme un modèle. De plus le cursus de formation de la fédération est susceptible au changement. Si vous avez des questions, j’y répondrais avec plaisir.

Juillet 2018 : pré formation (2 jours)

J’ai passé la préformation avec l’école « Les Grands Espaces ». Choix facile, c’est l’école ou j’ai déjà effectué mes stages, je connais certains moniteurs et j’ai toujours été content de leurs prestations. Je me retrouve donc un samedi matin avec comme formateurs Gaël et Maris qui nous expliquent le cursus global de la formation. En gros, ce weekend de préformation servira à deux choses : « filtrer » les pilotes qui auraient une pratique un peu « olé olé » non compatible avec les responsabilités attendues d’un pilote de biplace et donner des axes de progression, dans sa pratique perso, pour préparer au mieux la formation à venir.

Retour en pente école avec nos voiles solos. Grand moment de solitude pour moi à passer la demi-journée à faire de la « course pilotée » dans un champ avec le cocon qui tape les mollets ! Les formateurs analysent nos gestuelles de façon précise et ne laisse rien passer, à tel point qu’au bout d’une demi-journée on se demande si c’était une bonne idée de venir au final. Ils insistent beaucoup sur la dissociation des étapes du décollage et sur l’irréprochabilité dans l’exécution :

  • Impulsion
  • Gonflage
  • Réception/Contrôle
  • Accélération

Décoller pour soi est une chose, on peut se permettre quelques approximations que l’on sait pouvoir corriger rapidement. Décoller en biplace est autre chose, nous sommes attachés le recentrage est moins aisé, la voile est plus grande, plus lourde, a beaucoup plus d’inertie … et j’avoue que l’on c’est un peu fait casser les pieds, à juste titre, sur ces points-là. Je pense que nos formateurs ont aussi évalué notre capacité à identifier nos erreurs, notre humilité, notre capacité à les corriger et à remettre en question notre pratique solo.

Pendant ce weekend nous avons aussi effectué quelques ploufs avec des manœuvres basiques en l’air. Tangage, 360 sortie dissipée ou chandelle, petit wing (pas over). Pour la partie vol l’accent a plutôt été mis sur les approches, construire des PTU lisibles, claires et à grande échelle. Finis les atterrissages ou tu poses en fin de virage à l’arrache après avoir shooté dans l’arbre en entrée de terrain. Là, il fallait montrer des trajectoires de Boeing.

Dernier point vu lors de ce weekend, fut la prise en mains d’un biplace. N’ayant jamais fait, ni approché de biplace, ce fut une totale découverte pour ma part. Durant le weekend nous n’avons pas fait de vol biplace, uniquement de la pente école. J’ai eu la chance de faire binôme avec Pierre qui avait déjà son matos perso (une voile montagne light – un Wisp d’Ozone) ce qui m’a permis de manipuler au sol le type de voile que j’avais dans l’idée d’acquérir. Encore une fois, lors des exercices j’ai dû apprendre la patience, prendre le temps de laisser la voile montée, prendre le temps de se recentrer lors de l’accélération (le roulis s’inverse vite). J’ai aussi découvert les joies de la course pilotée avec un passager et des élévateurs souples … #lesvraissavent

Premiers gonflages

Nous validerons tous la préformation (3 stagiaires si mes souvenirs sont bons) avec pour chacun des axes de progression, ce qui nous donne accès aux inscriptions à la formation biplace. Pour ma part le conseil principal reçu fut : soit moins « bourrin », ne part pas à Mach 2, soit fluide et serein.

Septembre : formation (6 jours)

Un mois plus tard, je me retrouve à nouveau aux Grands Espaces cette fois ci pour 6 jours de formation. J’y retrouve Pierre avec Bertrand avec qui j’étais en préformation. Entre temps j’ai acheté mon matos perso (article disponible ici).
Les 6 jours se sont déroulés plus ou moins sur le même shéma : 4 vols le matin (2 en tant que pilote et 2 en tant que passager) puis théorie appliquée au biplace et questions-réponses les après-midi.

Pour la partie vols :

  • Retour deux demis journées sur la pente école. Et oui ! Avec debriefing vidéo le soir … de quoi revivre de petits moments de solitude. De ces sessions, ce que j’ai retenu de ma pratique c’est un manque de finesse, beaucoup trop violent. Pendant la formation notre passager est pilote lui-même, il sait donc instinctivement comment corriger. Dans la réalité un passager va plutôt attendre et ne sera pas moteur.
  • Travail sur le briefing passager. Le rassurer et l’accompagner pendant la préparation. Rappeler les 3 points importants juste avant le décollage.

Annecy, pas l’endroit le plus dégeu pour faire ses stages.

  • Lors des vols nous avions des « exercices » faciles à faire. Les formateurs ne voulaient pas voir de l’engagement dans les manœuvres mais de la propreté d’exécution. (Tangage, roulis, 360 sorties multiples sur axe, petits wings, virages dynamiques … on est loin d’un SIV)
  • Test des trims et des oreilles sur nos différentes voiles
  • Travail sur la PTU avec un GROS accent sur une loooonnngue finale (Tu vois un Boeing. Ben pareil …)
  • Je retiens tout de même mon deuxième vol en biplace en tant que pilote. Nous montons au déco du col de la Forclaz. Arrivés en haut nous nous rendons compte que le décollage est très alimenté. Les moniteurs nous laissent le choix de partir ou de renoncer. Tout le monde prend la décision d’y aller. Bon … je ne faisais pas le mariole … voile en boule, un assistant pour le passager, un assistant pour la voile et toujours du vent soutenu … Pendant l’attente nous avons pu voir les pros du bassin annéciens décoller avec leurs clients. #fingerinthenose Et les pas-pros s’en tirer convenablement ou parfois nous faire de jolis sketchs. Au final tout s’est bien passé pour le groupe mais je me souviens encore du debrief le soir ou tout le monde a reconnu que c’était osé et que nous ne nous serions pas lancé sans les moniteurs comme assistants.

Pour la partie théorie

  • Psychologie du biplace (désolé j’ai pas mieux comme intitulé) mais en gros le thème fut « comment gérer un passager non volant. Au décollage. En vol. A l’atterrissage »
  • Matériel biplace (sellette cuissardes, plateaux, secours, voile, écarteurs, matos light, matos pas light, casques, …)
  • Le système André Rose
  • Les trims. Usage lors des 3 phases de vol (décollage, atterrissage, vol)
  • Charges alaires et polaires des vitesses
  • Cadre légale de la pratique du biplace

Pendant le stage, Alain et Fabien ont été hyper (j’insiste !) disponibles et ouverts pour répondre à nos questions et pour ouvrir le débat autour de certains sujets « à discussion ». Quelques exemples :

  • Je veux faire voler mon enfant de 4 ans qui pèse 15kg #golécommeunclou. Voile solo ou biplace ? Comment gérer le matériel.
  • Quels sont les risques à voler sans casque homologué pour le parapente ? (Typiquement dans mon cas, aucun casque d’alpinisme n’est homologué pour le parapente. Si je vais au Mont Blanc en biplace je dois monter 2 casques par personne ? En cas d’accident que va regarder l’assurance ?)
  • J’ai un projet particulier et j’ai besoin d’alléger mon sac au maximum, sellette string pour le passager – sans protection donc – et pas de parachute de secours. Quels sont les risques ?

Bref, bonne ambiance de groupe pendant cette formation. Le niveau a été relativement homogène mais nous avons quand même pu remarquer que ceux qui faisaient déjà du parapente en biplace de façon « underground » avaient déjà acquis une expérience et certains automatismes.

A l’issue de la semaine, pour le groupe de 8 stagiaires, nous validons tous la formation. Cela nous ouvre la porte au statut « d’aspirant biplaceur » : nous pouvons voler en biplace mais uniquement avec des gens licenciés et ayant, au moins, validé la formation initiale. Le but est de pratiquer et de s’entrainer avec quelqu’un qui sait déjà comment ça se passe. Dis comme ça, cela parait sympa, dans la pratique … ben c’est assez merdique (Oui, le mot est justement choisi). Beaucoup de potes qui volent n’ont jamais passé leurs brevets ou alors les gens qui pratiquent déjà en solo ne sont pas hyper chauds pour jouer les « sacs à patate ». Pendant cette période j’ai dû activer tous mes réseaux pour trouver des personnes disponibles et avec le bon profil. Si certains lisent cet article, big up à vous.

Tout juste sorti de formation, je regarde le calendrier de la fédé et m’inscris avec Pierre et Hugo à l’examen final qui aura lieu dans un mois. Un mois c’est court entre la formation et l’examen final, d’ailleurs les examinateurs nous le reprocheront. Cela veut dire caser 4 vols par semaine, en gros hein il n’y a pas de règles, pour arriver avec un minimum d’expérience.

Octobre : examen final (2 jours)

Examen final sur le site du Salève. Pierre et Hugo que je connais déjà de la formation sont de la partie, ça rassure toujours de croiser des têtes connues. Nous avons déjà bien échangé par mail avec les formateurs et ils nous ont mis une petite pression pour arriver avec du matériel irréprochable (homologation, installation, usure …). Apparemment ils croisent parfois du matos un peu folklo.Pour la suite je vais prendre les évènements par ordre chronologique :

Arrivée et accueil des stagiaires par Martial et Franck. Ils nous rassurent en expliquant le contexte de l’examen en rappelant un point particulier : tout manquement à la sécurité est considéré comme éliminatoire. Pour le reste, « volez comme vous savez faire, n’inventez rien et cela devrait bien se passer. Si vous êtes arrivés jusqu’ici c’est que c’est bon pour vous ».
On commence par la théorie, pas de QCM mais 3 questions à répondre sur papier libre (1h grosso modo).

  • Expliquer ce qu’est un gradient de vent et comment vous le gérez en biplace.
  • Passager lourd vs passager léger dans les 3 phases de vol (déco, vol, atterrissage). Là c’était un tableau à 6 cases à remplir.
  • Utilisation des trims (Voler trimé. Voler détrimé) Pareil, tableau à 6 cases à remplir.

Pendant que nous passions la théorie, les formateurs inspectaient notre matériel. Puis ce fut le débriefing et une petite fessée pour ceux qui avaient du matériel un peu « olé olé » (sangles du secours usées, casque passager qui a 10 ans, sellette déchirée …). Ensuite nous sommes montés au sommet du Salève sur la pente école pour deux gonflage chacun (technique au choix), les formateurs voulant valider notre gestuelle et notre matériel avant d’aller voler (entre pilote pour le moment).

Puis premier vol depuis le décollage de la table ou je suis le premier pilote de la session à passer. Avec le stress de l’examen je fais une remontée de mains mal venue pendant la phase d’accélération, la voile plonge et mon passager sent les chardons sur ses mollets un bon moment avant de s’envoler. Ça passe mais ce n’est pas propre … En l’air les formateurs nous demandent quelques manœuvres simples. Mais avec une exécution propre. Puis une PTU claire et un posé dans le terrain (pas de fixette sur la cible).

A l’issue du premier vol, Franck me rappellera à l’ordre sur mon déco : pas de ça pour le prochain vol sinon c’est la sanction #sanspression Ensuite nous enchainons avec une deuxième rotation ou je serais le sac à patate de Pierre. Là ce fut décollage des Crêt avec un déco plus paisible et mieux alimenté.

Retour au Salève le lendemain. Le vent météo déjà installé va se durcir et nos formateurs nous laissent le choix du terrain pour les vols. Nous choisissons Vesancy dans le Jura, site que personne ne connaissait. Aujourd’hui c’est vol avec un vrai passager (n’ayant jamais volé) chacun devant ramener son « cobaye ». J’en profite encore pour remercier Baptiste d’avoir joué le jeu et de m’avoir fait confiance.

Le premier vol se passe bien, propre pour tout le monde. Les formateurs nous proposent donc une deuxième rotation pour ceux qui veulent encore faire un vol pour remercier leurs cobayes. Du coup, deuxième run, nickel.

Débriefing en début d’après-midi avec tous les pilotes. Au final tout le monde validera la qualification mais chacun repartira quand même avec des pistes de progression (oui le parapente c’est comme le ski, il y a toujours des choses à dire)

Ça y est, les portes du vol biplace me sont ouvertes. Depuis l’examen j’ai déjà eu le temps de faire voler les copains et je dois dire que j’apprécie énormément de voler à deux. C’est comme voler seul, mais en mieux : on peut discuter tout le long et partager cette formidable sensation qu’est le vol libre !

Coûts de la formation :

  • Préformation : 170€
  • Formation : 510€
  • Examen : 170€
  • A cela il faut ajouter l’option biplace dans la responsabilité civile aérienne + l’IA passager.
  • Plus le matériel biplace !

Matériel : Article disponible ici.

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